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Pablo Morel

Pablo Morel


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A l'aube de cette nouvelle saison 2013-2014, nous avons souhaité rencontrer Pablo MOREL, figure emblématique du club puisqu'il y a évolué en tant que joueur, entraîneur et salarié. Dans cet interview, il revient sur son parcours, nous parle de son actualité à l'Issy Paris Hand où il évolue en tant qu'entraîneur au plus haut niveau et se livre en toute sincérité sur son club de coeur : l'ES Vitry Handball.

 

- Pablo, quel est ton parcours de handballeur ?

 

J'ai commencé le handball en 5ème au Collège Romain Rolland d'Ivry-sur-Seine et à l'US Ivry par l'intermédiaire d'un Professeur d'EPS et célèbre entraîneur M. Philippe BLIN. J'ai ensuite arrêté 1 an pour raisons de santé pour reprendre en 3ème jusqu'à mes 16 ans où j'ai dû encore couper une année pour passer mon BAC. A la fin de ma dernière année en -18 Championnat de France à l'USI, je suis venu jouer à l'ES Vitry Handball en Prénationale pendant 1 an en 2000-2001. Je suis ensuite retourné 2 ans jouer avec l'équipe réserve de l'USI en Nationale 2 jusqu'à la montée en N1 et je suis revenu à Vitry qui me proposait un emploi.

 

- Que t'as apportée la fameuse formation Ivryenne ?

 

La 1ère chose à Ivry, c'est que j'ai eu la chance de voir évoluer, à mon avis, les meilleurs joueurs du monde pendant longtemps. Quand tu vas voir l'équipe première et que tu vois des joueurs tels que Koudinov, Lavrov, Smajilagic, Joulin, Polsen, Urios, avec des entraîneurs comme Hasanefendic, Sidorenko, forcément tu baignes dans le très haut niveau. Ca fait rêver comme les affiches que j'ai pu voir contre l'OM-Vitrolles, le PSG à l'époque ou Montpellier qui commençait à arriver. C'était un vrai bain culturel du très haut niveau qui me mettait des étoiles dans les yeux.

 

Après, en tant que joueur, je retiens l'aventure humaine avec les copains, parce qu'à l'époque on ne se quittait pas de la catégorie -12 jusqu'aux seniors, et le fait de gagner des titres ensemble. J'y ai appris aussi le goût du travail et de la gagne, c'est quelque chose qui est encré chez les Ivryens et que tu gardes à vie.

 

 

 

- Peux-tu nous dire ce qui t'a poussé à arrêter très tôt ta carrière de joueur pour épouser celle d'entraîneur ?

 

Alors j'ai pas vraiment arrêter ma carrière de joueur pour celle d'entraîneur, j'ai toujours fait les 2 en même temps à chaque fois. C'est-à-dire que quand j'étais espoir à Ivry, j'entraînais également les petits et petites du club. A vrai dire, j'ai un peu arrêté contraint et forcé car, en partant d'Ivry en 2000, je devais signer en D2 à Gonfreville mais ça s'est mal passé et ça ne s'est pas fait au dernier moment. Je me retrouvais donc sans club et celui de Vitry m'a un peu sauvé professionnellement en me proposant un emploi au sein du club. J'ai donc pesé le pour et le contre et j'ai choisi ce projet.

En fait, en tant que joueur, j'ai eu la chance de pouvoir évoluer au plus haut niveau possible pour moi très tôt puisque j'ai joué à 20 ans avec des mecs qui sont actuellement en Equipe de France ou qui évoluent pour la plupart en D1. Je pense que j'aurais pu difficilement jouer mieux et avec de meilleurs joueurs qu'à cette époque-là, je n'ai donc aucun regret là-dessus.

 

- Passons à l'Issy Paris Handball, la saison dernière fut historique en terme de résultats pour ce club. Elle coïncide avec ta nomination au poste d'entraîneur adjoint. Sans fausse modestie, y vois-tu un lien de cause à effet ?

 

Alors, sans fausse modestie, ça coïncide déjà avec une vraie mutation du club, c'est-à-dire que c'est une équipe qui était redescendue en D2 pour raisons administratives et financières, puis une saison de maintien en LFH pour se reconstruire. Ensuite, il y a eu une vraie volonté du club de continuer son développement avec des recrues de poids comme Mariama Signaté, Anne-Sophie Kpozé ou Mayssa Pessoa qui ont permis d'avoir des résultats. C'est vrai également qu'il y a eu une mutation au sein du staff, une professionnalisation, avec la volonté d'avoir un autre technicien aux côtés d'Arnaud Gandais, c'est-à-dire moi-même. J'espère avoir apporté ma pierre mais de là à dire que les résultats sont uniquement dus à mon arrivée, il ne faut pas exagérer. Je pense que c'est un tout.

 

- On parle d'un rapprochement entre le PSG Handball et Issy Paris Hand. Peux-tu nous en dire plus ?

 

Ta question tombe très bien puisque la responsable de la communication du club nous a donné une ligne de communication à tenir et c'est plutôt mon Président et mon Manager Général qui peuvent en dire plus... Plus sérieusement, c'est plus une volonté politique de la Ville de Paris, par l'intermédiaire d'Anne Hidalgo et de son programme en vue des élections municipales qui approchent, plutôt qu'une réelle envie du club.

En tout cas, entre le PSG et Issy Paris, on se croise, on se fréquente. Il y a une vraie synergie entre les 2 clubs car les joueurs se connaissent, on a un préparateur physique en commun, mais il n'y a pas du tout de rapprochement entre les 2 structures à ma connaissance.

 

- Quelles sont les ambitions du club pour la saison 2013-2014 ?

 

On a vraiment envie de se stabiliser sur le podium de la LFH. On y est depuis 2 ans, vice-champions en 2012 puis 3ème l'année dernière, et c'est l'objectif officiel du bureau directeur. Et puis l'an dernier, l'équipe est vice-championne d'Europe sur la C2, la Coupe des Coupes. Cette saison, on est en C4, ce serait vraiment une bonne chose d'aller chercher un titre européen, même si cette coupe est moins prestigieuse.

 

- Sur un plan plus personnel, comment vois-tu ton avenir ?

 

Pour moi, tout va déjà très vite puisque j'ai eu la chance de surfer sur la vague des bons résultats, de profiter également d'une restructuration la saison dernière mais aussi cette année. En effet, l'année de mon arrivée en 2011, nous étions 2 adjoints à se partager l'attaque et la défense. L'an passé, je me retrouvais seul adjoint car l'autre poste était dévolu au centre de formation. Cette saison, l'entraîneur principal Arnaud Gandais a été promu au rang de Manager Général et moi à celui d'Entraîneur. Logiquement, il prend un peu plus de recul sur le technique et j'ai plus de responsabilités au niveau du terrain.

 

- Finalement, tu as connu peu de clubs durant ta carrière de joueur/entraîneur/dirigeant. Pour quelles raisons ?

 

La raison est que je n'étais plus trop sur une logique d'ambition personnelle de joueur et aller de club en club pour évoluer au meilleur niveau possible mais plutôt d'essayer de m'inscrire dans la durée sur des projets sportifs et l'ES Vitry Handball m'en a donné l'occasion, j'y suis donc resté 6 ans. J'ai suivi un projet en tant que joueur à Ivry, un autre en tant qu'entraîneur et structuration du club à Vitry, et maintenant j'essaie d'être un peu plus égoïste sur ma carrière d'entraîneur à Issy Paris, où j'espère aussi m'inscrire dans la durée parce que je pense que c'est agréable de pouvoir grandir avec les structures avec lesquelles on est et essayer de marquer les clubs dans lesquels on passe.

 

- Revenons à l'ESV Handball, que t'as apporté ton long passage dans ce club ?

Pratiquement tout ce que je suis comme entraîneur déjà, hormis mon passé de joueur qui me sert pour tenir ce rôle. J'y ai eu la possibilité d'entraîner des équipes seniors, notamment au niveau national puisque j'avais la Nationale 3 féminine à 21 ans, même si ça s'est soldé par un bel échec (ndlr : les SF1 sont montées en N3 en 2003 pour la 1ère fois dans l'histoire du club mais sont redescendues au niveau régional à l'issue de la saison 2004-2005). Vitry m'a donné l'opportunité, la confiance de pouvoir faire toutes les erreurs possibles parce que, pour apprendre, il faut se confronter aux problèmes du terrain. Donc ça a été une chance d'avoir des gens qui avaient confiance en moi pour donner libre cours à mes envies, pour pouvoir progresser. J'y ai rencontré pas mal de personnes qui m'ont énormément apporté par l'échange, une autre vision du handball et de la construction d'un projet. A Ivry, t'as l'impression que c'est naturel, que tout marche tout seul parce que la structure est là, tu ne te poses pas de questions et t'avances. A Vitry, tu vois les autres facettes, le besoin de fédérer, d'aller chercher des forces vives, du bénévolat, des gens qui ne sont pas là que pour le handball. Ils sont là aussi parce qu'ils ont envie d'aider, ils trouvent d'autres intérêts, ce qui m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses. Ce club m'a permis de me développer sur d'autres aspects que l'entraînement : le management (gérer une équipe d'entraîneurs, gérer les relations avec un Bureau), le côté administratif et financier. Ce passage à l'ESV m'a apporté énormément d'expérience, m'a permis de toucher à tous les publics (jeunes, adultes, filles, garçons, le scolaire, la compétition...).

 

- Dorénavant, quel lien gardes-tu avec ce club ?

 

Le 1er lien est que je suis toujours licencié, je fais mon acte associatif tous les ans malgré le fait que je travaille dans un autre club. En fait, je ne garde que les bons côtés !! Quand tu passes 6 ans au quotidien dans un même club, que t'es au charbon, que tu vois aussi les mauvais côtés, la difficulté de mettre les choses en place, les problèmes financiers, les moyens humains qui ne sont pas toujours énormes malgré qu'il y ait beaucoup de bénévoles et de bonne volonté, les limites de la structure et de son environnement, que tu voudrais que ça avance plus vite, tout ça est parfois très usant. Maintenant je reviens pour la convivialité, pour les gens que tu aimes, pour jouer avec les copains surtout que maintenant on a la chance d'avoir un niveau de jeu intéressant (ndlr : les SM1 sont montés en N3 en 2012 pour la 1ère fois de leur histoire et s'y sont brillamment maintenus lors de la saison 2012-2013). J'avoue que c'est de la pure consommation, je reviens aussi pour pouvoir jouer un peu en N3 de temps en temps, quand le coach veut bien me prendre... (rires). J'y reviens vraiment pour les bons côtés.

 

- De tout ce que tu as pu accomplir à l'ESV Handball, de quoi es-tu le plus fier ?

 

Fier, c'est un peu bizarre de dire ça. Je suis heureux surtout d'avoir vécu cette aventure avec les gens qui m'ont accompagné, c'était un réel plaisir. J'ai connu plusieurs bureaux, j'ai commencé avec le "vieux" Bureau composé de la Famille Marande, Wilfrid, Dom, Roger qui était le Président, Fredo, c'était familial, c'était vraiment une belle époque. Ma relation avec le bureau était particulière, limite j'étais un peu cocooné comme l'enfant du club, ils m'ont vraiment fait confiance et c'était un plaisir immense. J'espère ne pas les avoir trop déçus.

 

La 2ème chose et c'est ce qui m'a fait le plus plaisir, c'est de donner le goût d'entraîner à pas mal de monde. Il y a plusieurs années où il y avait une belle équipe technique, des gens qui se sont investis dans le club. Quand t'arrives à donner l'envie à des personnes qui sont là depuis longtemps ou à d'autres qui reviennent au club, de redonner ce qu'ils ont reçu, c'est vraiment plaisant. J'ai beaucoup appris à échanger avec les jeunes entraîneurs que j'ai eu à mes côtés, c'est le plus grand plaisir que j'ai pris ici.

 

 

- Toi qui connais bien ce club, peux-tu nous donner 3 mots qui le représentent le mieux ?

 

Le 1er c'est "Vitriot" parce que quand t'es Vitriot tu sais ce que ça veut dire. C'est une vraie identité, c'est une ville, c'est un état d'esprit, ça peut pas tricher. Quand tu dis encore Atac, c'est que tu sais ce que c'est Vitriot !! (ndlr : Atac est l'ancien nom d'un centre commercial du centre ville, nommé maintenant Simply Market). Quand tu te rappelles les soirées où t'avais Farid, José ou Michel qui te racontent leurs bagarres générales à Balzac, quand tu viens ici, c'est Vitry, ça s'invente pas.

Le 2ème c'est "abnégation" parce que tous les gens qui sont là ne trichent pas, ils donnent de leur temps, de leur sueur, de leur patience, de leur force pour tous les licenciés. C'est pas bénévolat parce que ça a toujours un petit côté péjoratif, c'est le plaisir d'être de donner.

Et le dernier, j'hésite entre 2. Y a forcément "amitié" parce qu'ici c'est une vraie famille, les liens y sont particuliers. T'es content de venir car c'est plaisant de partager des moments sur le terrain avec des gens que t'aimes. C'est sympa de gagner des titres mais si c'est tout seul ou avec des relations qui ne sont que professionnelles, c'est moins intense. Mais ce serait dommage qu'on ne parle pas aussi d'"ambition" et de "structuration". Quand on parle du club, on se rend compte qu'il est loin d'être petit, qu'il est bien structuré. L'ESV Handball est bien mieux structuré que beaucoup de clubs pros, il y a énormément de forces vives dans le club.

 

- Veux-tu dire un dernier mot ou passer un dernier message aux membres du club ?

 

Il ne faut surtout pas faire de complexe d'infériorité !! On a souvent eu ce côté un peu fataliste : on est un petit club, on a pas d'argent, on nous tombe toujours dessus. Honnêtement, on peut être fier de ce qu'on est et on s'en rend vraiment compte quand on part du club. Tous ceux qui sont partis reviennent aux soirées, au club, à l'entraînement, ils reviennent tout le temps parce qu'il y a une vraie force, une vraie puissance, une vraie bonne organisation, énormément de bénévoles, une vraie ambiance, un vrai engouement autour de ce qu'on est. Donc il ne faut surtout pas se minimiser, on est un vrai grand club régional en Ile-de-France et j'espère qu'on arrivera à se développer et se stabiliser au niveau national.

La 2ème chose c'est d'être patient car on a mis, à mon avis, 10 bonnes années pour en arriver là où on est parce que j'ai fait 6 ans mais avant moi, il y a eu Alan (ndlr : Alan Cari, maintenant entraîneur adjoint du Tremblay Handball évoluant en LNH, fut le 1er salarié à temps complet de l'ESV Handball et a donc précédé Pablo sur le poste), il y a eu le Bureau sans salarié qui a bossé aussi. Donc je pense que si dans 10 ans on arrive à être un grand club national, ce sera déjà beau.

Etre fier de ce qu'on est, être patient et continuer sur ce chemin-là, je pense que c'est le bon.

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